Charta Americana

La carte du monde du cartographe allemand Martin Waldssemüller, datant de 1507, est le fruit d’un projet audacieux mené dans la petite ville verdoyante de Saint-Dié-des-Vosges, située dans la vallée de la Meurthe, dans le nord-est de la France, près de Strasbourg. Une tâche téméraire mettant à jour les nouvelles connaissances géographiques issues des découvertes de la fin du XVe siècle et des premières années du XVIe, dont l’ambition sincère était de représenter le monde dans son intégralité. Pendant des siècles, les Européens avaient cru que la Terre était composée de trois continents : l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Cette nouvelle carte représentait pour la première fois une quatrième partie du monde : sur l’Universalis Cosmographia, à l’extrême ouest du continent européen, apparaissait une version longue et étroite d’un tout nouveau territoire, déjà divisé en deux parties, nord et sud. La grande carte de Waldseemüller se basait sur les données recueillies lors des voyages d’Amerigo Vespucci de 1501-1502 vers les nouvelles terres des Amériques actuelles. Le nouveau continent était entourée d’eau et, sur la partie aujourd’hui connue sous le nom de Brésil, le cartographe avait inscrit un nom, « America », en l’honneur du commerçant, navigateur et explorateur florentin.

Dès lors, à partir de ces données simplement géographiques, débute en Europe ce que l’on peut considérer comme « l’ère américaine ». Sur les terres où Christophe Colomb avait débarqué en 1492, les premières rencontres entre les peuples autochtones et ceux venus d’autres continents commencent. Avec ce Nouveau Monde naît une nouvelle histoire, avec ses singularités, ses propres constructions, ses identités et ses crises. Plus de cinq cents ans plus tard, également en France, un nouveau projet propose d’imaginer, de représenter, de « cartographier » l’ensemble des Amériques d’aujourd’hui. La collection « Charta Americana » a l’ambition d’interroger les nouveaux enjeux, les nouveaux défis, les nouvelles tensions et opportunités qui se présentent à l’ensemble du continent américain, au prisme de son histoire. Ce programme est marqué par une volonté de réelle pluridisciplinarité où l’anthropologie, la sociologie, les sciences politiques, l’histoire, la géographie, les arts visuels, les études culturelles, la littérature, etc., pourront véritablement dialoguer. Cette collection se veut ainsi une alternative féconde aux multiples propositions scientifiques issues des sciences sociales, des sciences humaines et des lettres qui cherchent à comprendre les différents enjeux des sociétés américaines.

Collection dirigée par Yves Davo & Roland Soto-Quirós

Comité éditoral

Amérique du Nord
Nicolas Batulet, Université Polytechnique Hauts-de-France
Christophe Chambost, Université Bordeaux Montaigne
Aurélie Godet, Nantes Université
Monica Manolescu, Université de Strasbourg
Julien Negre, ENS Lyon
Jeffrey Swartwood, Université Bordeaux Montaigne

Verónica Vallejo Flores, Université Grenoble Alpes
Julio Zarate Ramírez, Université Savoie Mont Blanc


Amérique centrale et les Caraïbes
Dante Barrientos Tecún, Aix Marseille Université

Andrea Cabezas Vargas, Université d’Angers
Sergio Coto-Rivel, Nantes Université

Catherine Lacaze, Sciences Po Lyon
Sophie Large, Université de Tour

David Marcilhacy, Sorbonne Université
Françoise Moulin Civil, CY Cergy Paris Université

Mélanie Moreau-Lebert, Université Bordeaux Montaigne

Amérique du Sud
Mónica Cárdenas-Mreno, Université de la Réunion
Raphaël Esteve, Université Bordeaux Montaigne
Carla Fernandes Université Bordeaux Montaigne
Rosuel Lima-Pereira, Université de Guyane
Diana Sarrade Cobos, Université de Bordeaux
Marta Inés Waldegaray, Université de Reims Champagne-Ardenne


Comité Scientifique

Amérique du Nord
Sarah Bak-Geller Corona, Universidad Nacional Autónoma de México
Elyette Benjamin-Labarte, Université Bordeaux Montaigne

Luc Benoit a la Guillaume, Université de Rouen Normandie
Laura Brondino, Sorbonne Université
Lionel Larre, Université Bordeaux Montaigne
Olivier Richomme, Université Lumière Lyon 2
Antoine Servel, Université Paris Est Créteil
Kerry-Jane Wallart, Université d’Orléans

Amérique centrale et les Caraïbes
Lai Sai Acon Chan, Universidad de Costa Rica
Mónica Albizúrez, Universitât Hamburg
Laurin Blecha, Universität Salzburg
Rafael L. Cabrera Collazo, Universidad Iberoamericana de Puerto Rico
Randall Chaves Zamora, Freie Universität Berlin, Universidad de Costa Rica
Carlos F. Grisby, University of Bristol
Ricardo Martínez Esquivel, Universidad de Costa Rica

Luis Martínez-Fernández, University of Central Florida
Albert Manke, University of California
Consuelo Naranjo Orovio, Universidad Complutense de Madrid / CSIC

Karen Poe Lang, Universidad de Costa Rica
Carlos Sancho Domingo, Universidad de Zaragoza
Ronny Viales Hurtado, Universidad de Costa Rica

Amérique du Sud

Gissele Alves Instituto Federal de Educação, Ciência e Tecnologia de Brasília
Lorena Cuya Gavilano, Arizona State University
Mariano Dagatti, Universidad Nacional de San Martín
Maria Gabriela Dascalakis Lebreze, Université Bordeaux Montaigne
Roberta Dos Reis Neuhold, Instituto Federal Rio Grande do Sul
Véronique Hebrard, Université de Lille
Valérie Joubert Anghel, Université Bordeaux Montaigne
Luz Ainaí Morales Pino Pontificia Universidad Católica del Perú
Marcela Cristina Quinteros, Universidade Federal de Rondônia

Lissell Quiroz, CY Cergy Paris Université
Márcio Rogério Olivato Poxxer, Instituto Federal Rio Grande do Sul

Emmanuelle Sauvage, Université de Bordeaux
Daniel Toro González, University of Massachusetts

Yves DAVO, Université de Bordeaux / CLIMAS, Université Bordeaux Montaigne.
Maître de Conférences en Études Anglophones à l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de l’Université de Bordeaux, Yves Davo est l’auteur d’une thèse sur les fictions étatsuniennes post-11 septembre, au confluent de l’histoire contemporaine des États-Unis et des études littéraires, alliant socio-politique et psychocritique. Il enseigne les civilisations et langues anglophones, à travers l’histoire littéraire américaine en particulier. Chercheur américaniste au sein du laboratoire de recherche CLIMAS (Cultures et Littératures des Mondes Anglophones) UR 4196 de l’Université Bordeaux Montaigne, il est membre du comité scientifique de sa revue Leaves et a co-organisé plusieurs manifestations scientifiques sous son égide. Ses travaux de recherche portent notamment sur les liens entre réel et fiction, sur les mémoires et les commémorations, sur le trauma en littérature. Il travaille aujourd’hui sur la notion de Crise au sens large et ses effets sur les sociétés contemporaines. Il co-dirige ainsi un Projet de Recherche pluridisciplinaire intitulé « Dynamiques en contexte de Crises », dont l’enjeu est d’interroger les discours, les langages, les identités, les espaces et les valeurs qui se transforment en temps de crise. A cette fin, il est le coordinateur des numéros Hors-Série de la revue scientifique Crises & Société de l’Université de Bordeaux. Ses dernières publications : « Le mémorial du 11-Septembre à l’épreuve de la fiction : Une contre-histoire du lieu de mémoire dans The Submission d’Amy Waldman », Questions de Communication n° 47, 2025 ; « L’imaginaire au secours d’un monde en crise : L’exemple des fictions du 11-Septembre », Crises et Société n° 4, 2026.

Ronald SOTO-QUIROS, Université de Bordeaux / AMERIBER, Université Bordeaux Montaigne.
Maître de Conférences en Études Ibériques et Ibéro-américaines à l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Bordeaux de l’Université de Bordeaux, Soto-Quiros a fait des études en histoire, en sciences politiques et en études ibériques et latino-américaines dans plusieurs universités. Il enseigne les civilisations et les langues hispaniques. Chercheur en histoire de l’Amérique latine et co-responsable et co-fondateur avec Carla Fernandes de la composante CEPIAL (Conflits, Éco-territoires, Plurilinguisme et Interculturalité en Amérique latine) du laboratoire pluridisciplinaire sur la Péninsule Ibérique et l’Amérique latine, AMERIBER (Amérique latine, Pays Ibériques : Poétiques et Politiques) UR 3656 de l’Université Bordeaux Montaigne. Membre du comité éditorial de la revue Conceφtos Espagne, Amérique latine, Portugal et Afrique lusophone. Ses thèmes de recherche portent notamment sur l’histoire et l’actualité de l’Amérique centrale. Il travaille sur : les identités nationales, les catégories ethnoraciales, le racisme, les discriminations, les inégalités, les marginalisations, les invisibilisations, les mobilités humaines transatlantiques et transpacifiques, les sociétés inclusives, les nouvelles citoyennetés, les diversités, les Français en Amérique centrale, les voyageurs européens en Amérique centrale, entre autres thèmes. Son dernier ouvrage publié en coédition avec Andrea Cabezas Vargas, Maria Gabriela Dascalakis-Labreze et Marina Letourneur est intitulé (Re)pensar sociedades más inclusivas : nuevas ciudadanías y diversidades en América Latina y el Caribe (Orbis Tertius, 2026). Il a également publié récemment dans le numéro Hors-Série 1 de juin 2025 de la revue Archipélies (Université des Antilles) : « Vislumbres de multiculturalismo en Costa Rica : El negro en Costa Rica (1975) como relevante guía para el reconocimiento de los afro/caribeños ».